Couple français discutant avec un conseiller en financement immobilier dans un espace moderne

Émilie m’a appelée en larmes le mois dernier. Son courtier avait disparu. Trois semaines de délai grillées, un compromis en péril. Le pire ? Elle l’avait choisi sur une note Google de 4,8 étoiles. Cette histoire, je la vois se répéter. La production de crédits à l’habitat a bondi de 50 % en 2025 selon la Banque de France, et avec elle, le nombre de courtiers improvisés. Votre mission : distinguer le professionnel solide de l’amateur dangereux. Je vous donne ma méthode.

Évaluer un courtier en 5 points clés

  • Vérifiez l’immatriculation ORIAS (8 chiffres) sur le registre officiel avant tout contact
  • Exigez de connaître le nombre exact de banques comparées — moins de 20, fuyez
  • Aucun frais ne peut être demandé avant l’obtention du prêt (loi Murcef)
  • Demandez à voir les offres refusées, pas seulement celles proposées
  • Testez la réactivité : un courtier sérieux répond sous 24h maximum

Pourquoi vous ne pouvez pas vous fier aux apparences

Un beau site web. Des avis cinq étoiles. Un discours rassurant au téléphone. Ça ne vaut rien. Dans mon activité d’accompagnement d’emprunteurs, je constate régulièrement que les acquéreurs se fient aux notes Google sans vérifier l’immatriculation ORIAS du courtier. Cette erreur peut mener à travailler avec un intermédiaire non habilité légalement. Ce constat est limité à mon périmètre d’observation et peut varier selon les régions.

Soyons clairs : le marché du courtage attire. La hausse spectaculaire des crédits immobiliers en 2025 — 146,5 milliards d’euros contre 110 milliards l’année précédente — a fait surgir des acteurs opportunistes. Certains n’ont même pas les accréditations légales pour exercer.

Les 3 signaux qui doivent vous faire fuir

  • Le courtier vous demande de l’argent avant d’avoir obtenu votre prêt — c’est illégal
  • Impossible de trouver son numéro ORIAS à 8 chiffres sur ses documents ou son site
  • Il refuse de vous dire avec combien de banques il travaille réellement

J’ai accompagné Émilie l’année dernière. Son cas m’a marqué parce qu’elle avait fait toutes les vérifications apparentes. Avis clients corrects, site professionnel, discours fluide. Le courtier promettait le meilleur taux mais ne comparait que 3 banques. Après 3 semaines, découverte brutale : il avait des accords d’exclusivité limitant ses offres. Changement de courtier en urgence. Résultat : un taux 0,3 point inférieur avec un courtier comparant réellement le marché.

La vérification ORIAS prend moins de deux minutes



Le problème n’est pas de tomber sur un escroc. C’est plus subtil. Le problème, c’est le courtier médiocre qui se présente bien. Celui qui fait le minimum. Celui qui compare 5 banques au lieu de 50 et vous fait croire que son offre est la meilleure du marché.

Les 5 critères qui séparent un courtier fiable d’un amateur

Je vais être directe. Oubliez les listes à rallonge de 15 critères que personne ne vérifie. Concentrez-vous sur 5 points. Ils éliminent 80 % des mauvais choix. Le reste dépendra de votre ressenti lors du premier échange — et ça, je ne peux pas le faire pour vous.

L’immatriculation ORIAS : le minimum non négociable

L’ORIAS, c’est le registre officiel des intermédiaires en banque et assurance. Pas d’inscription, pas le droit d’exercer. Point final. Au 31 décembre 2024, le registre officiel ORIAS comptait 35 020 professionnels inscrits en opérations de banque. Votre courtier doit en faire partie.

Comment vérifier ? Allez sur orias.fr, tapez le nom ou le numéro à 8 chiffres. Résultat en 30 secondes. Si le courtier n’apparaît pas ou si son inscription est expirée, arrêtez la conversation immédiatement. Selon le ministère de l’Économie, ce numéro à 8 chiffres doit figurer sur tous les documents du courtier — site web, cartes de visite, contrats.

Depuis avril 2022, une obligation supplémentaire existe : l’adhésion à une association professionnelle agréée par l’ACPR. Sept associations ont reçu cet agrément. Si votre courtier ne peut pas vous indiquer laquelle, méfiance.

Le nombre de banques réellement comparées

C’est LE critère que les emprunteurs oublient de vérifier. Franchement, c’est celui qui fait la différence entre un gain de 0,1 % et un gain de 0,4 % sur votre taux.

Un courtier qui compare 5 banques ne vous trouve pas le meilleur taux. Il vous trouve le meilleur taux parmi 5 options. La nuance est énorme. Les conditions varient selon les régions, les profils, les montants. Un courtier efficace devrait comparer plusieurs dizaines d’établissements bancaires pour couvrir le marché réel.

Posez la question directement : « Avec combien de banques travaillez-vous ? » Si la réponse est floue (« beaucoup », « les principales », « toutes les grandes »), insistez pour un chiffre. Moins de 20 partenaires ? C’est insuffisant pour un premier achat. Les courtiers performants en affichent 50, 80, parfois plus de 100.

La transparence sur la rémunération

Parlons argent. Un courtier se rémunère de deux façons : la commission versée par la banque à la signature du prêt, et parfois des frais facturés au client. Les deux sont légaux. Ce qui ne l’est pas : vous demander de payer avant d’avoir obtenu votre prêt.

La loi Murcef interdit le versement de toute somme avant l’octroi d’un prêt. Aucune provision, commission ou frais de dossier ne peut être perçue avant le déblocage des fonds. Si on vous demande 500 € pour « ouvrir le dossier » ou « garantir le service », refusez et signalez.

Un courtier transparent vous explique sa rémunération dès le premier rendez-vous. Il vous dit combien la banque lui verse (en général un pourcentage du montant emprunté) et s’il facture des honoraires complémentaires. Les fourchettes varient selon les pratiques — exigez un devis écrit avant tout engagement.

Mon avis : la question de l’assurance emprunteur mérite aussi votre attention. Un bon courtier vous informe sur la délégation d’assurance crédit immobilier qui peut générer des économies significatives selon votre profil.

Quel type de courtier pour votre profil ?

  • Si vous êtes primo-accédant :
    Privilégiez un courtier avec des experts dédiés aux premiers achats. Votre dossier demande une pédagogie particulière et une connaissance des aides (PTZ, Action Logement).
  • Si vous êtes investisseur locatif :
    Cherchez un courtier habitué aux montages SCI et aux calculs de rentabilité. La négociation porte autant sur le taux que sur les conditions de différé.
  • Si vous êtes indépendant ou auto-entrepreneur :
    Votre profil effraie certaines banques. Un courtier spécialisé connaît les établissements qui acceptent les revenus variables et sait présenter votre dossier.
  • Si votre profil est complexe (expatrié, multi-bancarisé, rachat) :
    Optez pour un courtier avec un volume de partenaires élevé (80+ banques). Les dossiers atypiques nécessitent d’explorer des pistes que les courtiers limités ignorent.

Pretto : comment ce courtier répond aux critères de confiance

Trouver un courtier qui coche toutes les cases n’est pas simple. Pretto illustre comment un acteur du marché peut structurer son offre autour des critères de transparence que les emprunteurs recherchent.

La comparaison multi-banques fait la différence sur le taux obtenu



Sur le volume de comparaison, Pretto indique comparer les offres de 125 banques partenaires — un chiffre qui dépasse largement le seuil minimal évoqué plus haut. Cette couverture permet d’accéder à des offres régionales et nationales, y compris des établissements moins visibles que les grandes enseignes. L’équipe compte 80 courtiers experts, chacun spécialisé par type de projet : primo-accédant, création de SCI, profil auto-entrepreneur.

La transparence se traduit par une promesse concrète : le partage de toutes les offres du marché, y compris celles qui ne correspondent pas au profil du client. Cette approche permet de comprendre pourquoi certaines banques refusent ou proposent des conditions moins favorables — une information que beaucoup de courtiers gardent pour eux.

Côté accessibilité, Pretto propose un simulateur algorithmique qui génère une première estimation en quelques minutes, sans engagement. L’équipe est joignable 6 jours sur 7 par téléphone, email ou SMS. La preuve sociale est significative : une note de 4,9/5 basée sur plus de 14 768 avis clients. Ce volume d’évaluations rend les manipulations statistiques difficiles et donne un indicateur fiable de la satisfaction générale.

Les questions à poser dès le premier rendez-vous

Vous avez identifié deux ou trois courtiers potentiels. L’étape suivante : le premier contact. C’est là que vous jaugez le professionnalisme au-delà des apparences. Je vous donne les questions que je recommande à tous mes clients de poser.

Script pour évaluer un courtier en 10 minutes

  1. Quel est votre numéro ORIAS ?
    S’il hésite ou doit chercher, mauvais signe. Ce numéro devrait être connu par cœur.
  2. Avec combien de banques travaillez-vous exactement ?
    Exigez un chiffre précis. « Une trentaine » n’est pas une réponse acceptable.
  3. Comment êtes-vous rémunéré et par qui ?
    Commission bancaire seule ? Frais client en plus ? Montant approximatif ? Tout doit être clair.
  4. Pouvez-vous me montrer les offres que vous n’avez pas retenues pour d’autres clients ?
    Un courtier transparent accepte d’expliquer pourquoi certaines banques refusent ou proposent moins bien.
  5. Quel est votre délai moyen pour obtenir un accord de principe ?
    Sur les dossiers que j’ai observés, un courtier réactif obtient un pré-accord sous 15 jours. Au-delà de 3 semaines, questionnez.

Conseil pro : Notez les réponses et comparez-les d’un courtier à l’autre. Les écarts vous en diront long sur le sérieux de chacun.

L’erreur la plus fréquente que je rencontre ? Se focaliser uniquement sur le taux annoncé au téléphone. Ce chiffre ne veut rien dire sans connaître le TAEG complet, les conditions d’assurance, les frais de dossier bancaires. Un courtier sérieux ne vous donne pas un taux miracle en 5 minutes — il analyse votre dossier avant de s’engager sur des chiffres.

Votre grille de vérification premier rendez-vous



  • Numéro ORIAS vérifié sur orias.fr avant le rendez-vous


  • Nombre de banques partenaires supérieur à 20


  • Mode de rémunération expliqué clairement (aucun frais avant prêt obtenu)


  • Réponse à votre premier message sous 24 heures


  • Accord pour partager les offres refusées, pas seulement celles retenues

Vos questions sur le choix d’un courtier

Un courtier est-il vraiment gratuit ?

Ça dépend. Beaucoup de courtiers se rémunèrent uniquement via la commission versée par la banque — dans ce cas, le service est gratuit pour vous. D’autres facturent des honoraires complémentaires, ce qui est légal à condition que vous soyez informé à l’avance. Dans tous les cas, aucun paiement ne peut être exigé avant l’obtention effective du prêt.

Comment vérifier si un courtier est inscrit à l’ORIAS ?

Rendez-vous sur orias.fr et utilisez le moteur de recherche. Tapez le nom de l’entreprise ou le numéro à 8 chiffres qui doit figurer sur tous les documents du courtier. Le statut (actif, radié, expiré) s’affiche immédiatement. La vérification prend moins d’une minute.

Puis-je changer de courtier en cours de projet ?

Oui, tant que vous n’avez pas signé d’offre de prêt définitive. Le mandat de recherche que vous signez avec un courtier précise les conditions de résiliation. Attention toutefois : si le courtier a déjà transmis votre dossier à des banques, celles-ci peuvent refuser de traiter une nouvelle demande via un autre intermédiaire pendant plusieurs mois.

Le courtier travaille-t-il pour moi ou pour la banque ?

Légalement, le courtier est mandaté par vous pour rechercher un financement. Mais sa rémunération vient souvent de la banque, ce qui crée un conflit d’intérêts potentiel. Les courtiers indépendants qui comparent de nombreux établissements limitent ce biais. Posez la question directement : le courtier a-t-il des accords d’exclusivité ou de volume avec certaines banques ?

Quelle différence entre courtier en ligne et courtier physique ?

Le mode de contact diffère, pas forcément la qualité du service. Un courtier en ligne peut comparer autant de banques qu’un courtier physique, parfois plus grâce à des outils algorithmiques. L’important reste les critères objectifs : immatriculation, volume de partenaires, transparence. Certains emprunteurs préfèrent le contact humain en agence, d’autres apprécient la réactivité digitale. Choisissez selon votre confort.

La prochaine étape pour vous

Vous avez maintenant une grille de lecture. Immatriculation ORIAS, nombre de banques, transparence sur la rémunération, réactivité, partage des offres refusées. Ces cinq critères suffisent à trier rapidement les courtiers sérieux des autres.

Ce que je recommande à tous mes clients : contactez au moins deux courtiers avant de vous engager. Comparez leurs réponses aux mêmes questions. L’écart de professionnalisme saute aux yeux dès le premier échange.

Ce que cet article ne remplace pas

  • Ce guide ne constitue pas un conseil financier personnalisé adapté à votre situation
  • Les frais et conditions mentionnés sont des moyennes constatées en 2025-2026 et varient selon les courtiers et régions
  • Chaque projet immobilier nécessite une analyse spécifique par un professionnel agréé

Pour une évaluation fiable d’un courtier, vérifiez son immatriculation sur www.orias.fr.

Rédigé par Mathilde Vernoux, spécialiste en financement immobilier exerçant en cabinet indépendant depuis 2019. Elle accompagne chaque année des dizaines d'acquéreurs dans leur recherche de crédit, avec une expertise particulière sur les dossiers primo-accédants et les profils atypiques (auto-entrepreneurs, intermittents). Son approche privilégie la transparence sur les offres bancaires et l'éducation financière des emprunteurs.